Article – Les bonhommes allumettes : une technique simple pour prendre du recul sur ses liens émotionnels
Vous avez déjà eu l’impression qu’une personne occupait une place beaucoup trop importante dans votre tête ?
Une relation dont vous n’arrivez pas à vous détacher ? Une rupture que vous avez du mal à accepter ? Une situation professionnelle qui continue à vous affecter longtemps après les faits ? Une peur, une colère ou une déception qui semble encore « accrochée » à vous ?
Il existe une technique très simple, connue sous le nom des « bonhommes allumettes », qui peut être utilisée comme un outil symbolique pour prendre du recul sur certains liens émotionnels.
Cette méthode a été popularisée par Jacques Martel, auteur et conférencier québécois, notamment à travers son ouvrage Le grand dictionnaire des malaises et des maladies.
Mais concrètement, en quoi consiste cette technique ? Et que peut-elle réellement apporter ?
Qu’est-ce que la technique des bonhommes allumettes ?
Le premier représente vous.
Le second représente une autre personne, une situation ou parfois une partie de vous-même avec laquelle vous ressentez un lien émotionnel important.
Entre les deux personnages, on représente ensuite différents liens qui symbolisent les dimensions de la relation : ce que l’on pense, ce que l’on ressent, ce que l’on donne, ce que l’on reçoit, ce que l’on attend de l’autre…
Enfin, le dessin est découpé selon un protocole précis.
L’idée centrale est symbolique : il ne s’agit pas de couper une personne de sa vie, mais de prendre de la distance avec les liens émotionnels qui peuvent nous maintenir dans une relation ou une situation.
C’est une nuance importante.
Faire les bonhommes allumettes ne signifie donc pas nécessairement « je ne veux plus jamais voir cette personne ».
Cela peut simplement signifier :
« Je souhaite me libérer de ce qui, dans cette relation, continue à me faire souffrir ou à prendre trop de place. »
Pourquoi cette technique peut-elle être intéressante ?
Nous entretenons tous des liens avec les autres.
Certains sont agréables, sécurisants et équilibrés. D’autres peuvent être plus complexes.
Après une séparation, un conflit, un deuil, une déception ou une relation difficile, il peut arriver que la relation soit terminée dans les faits… mais pas complètement dans notre esprit.
On continue à repenser à ce qui s’est passé.
On rejoue certaines conversations.
On imagine ce que l’autre pense.
On ressent de la colère.
On cherche des explications.
On espère parfois encore une reconnaissance, des excuses ou une réparation.
On espère parfois encore une reconnaissance, des excuses ou une réparation.
Le travail peut simplement consister à vous détacher progressivement de certaines attentes :
attendre que l’autre comprenne enfin votre point de vue ;
attendre des excuses ;
chercher constamment son approbation ;
espérer qu’il ou elle change ;
ressentir que votre valeur dépend de son regard ;
rester prisonnier de la colère ou de la culpabilité.
Vous ne supprimez pas l’histoire.
Vous ne niez pas ce qui s’est passé.
Vous cherchez simplement à reprendre votre place dans votre propre histoire.
Comment réalise-t-on les bonhommes allumettes ?
La méthode traditionnelle repose sur un dessin relativement simple.
On représente d’abord les deux personnes concernées.
Puis on ajoute plusieurs éléments symboliques autour des personnages et entre eux.
Le principe est de représenter la relation dans son ensemble avant de procéder à la coupure symbolique des différents liens.
Une fois le dessin terminé, celui-ci est découpé.
Cette étape est importante sur le plan symbolique : elle permet de matérialiser une intention de séparation entre ce qui appartient à soi et ce qui appartient à l’autre.
Certaines personnes ressentent un soulagement immédiat.
D’autres ne ressentent pas grand-chose sur le moment.
Et c’est parfaitement possible également.
Il n’y a pas besoin de provoquer une émotion particulière pour que l’exercice ait du sens.
Dans quelles situations peut-on utiliser les bonhommes allumettes ?
Cette technique peut être envisagée dans de nombreuses situations du quotidien.
Par exemple :

Lorsque la relation est terminée mais que les pensées, les attentes ou les émotions restent très présentes.

Lorsque vous continuez à repenser à ce que vous auriez aimé dire ou à ce que l’autre aurait dû comprendre.

Lorsque certaines attentes, blessures anciennes ou sentiments de culpabilité continuent d’influencer la relation.

Par exemple après un conflit avec un collègue, un manager ou un ancien employeur, lorsque la situation continue à occuper beaucoup d’espace mental.

Lorsque le regard, l’approbation ou la présence d’une autre personne prend une place disproportionnée dans votre équilibre émotionnel.

Il peut également être intéressant de travailler symboliquement sur une personne qui n’est plus présente dans votre vie mais dont l’influence émotionnelle reste importante.
Et si la personne n’est plus dans votre vie ?
C’est justement l’un des intérêts possibles de cette approche.
Vous n’avez pas besoin que l’autre personne soit présente.
Vous n’avez même pas besoin de lui parler.
Le travail porte avant tout sur votre propre rapport à cette relation.
Vous ne pouvez pas décider de ce que l’autre ressent.
Vous ne pouvez pas modifier son comportement.
Vous ne pouvez pas réécrire le passé.
En revanche, vous pouvez travailler sur ce que cette histoire représente pour vous aujourd’hui.
Et parfois, c’est précisément là que le changement devient possible.
Une technique symbolique, pas une formule magique
Il me semble important de le préciser.
Les bonhommes allumettes peuvent être un outil intéressant de réflexion, de symbolisation et de prise de recul.
Mais il ne s’agit pas d’une formule magique permettant de faire disparaître instantanément une émotion, de modifier quelqu’un ou de résoudre toutes les conséquences d’une relation difficile.
Une technique symbolique ne remplace pas un accompagnement psychologique ou médical lorsque celui-ci est nécessaire.
Elle peut en revanche trouver sa place parmi d’autres outils d’accompagnement du bien-être.
Et surtout, son intérêt peut varier énormément d’une personne à l’autre.
Certaines personnes sont très sensibles aux exercices symboliques et ressentent immédiatement quelque chose.
Pour d’autres, le dessin semblera simplement… être un dessin.
Et là encore, c’est parfaitement normal.
Les bonhommes allumettes et l’accompagnement en hypnose
Le dessin permet parfois de faire émerger des prises de conscience :
Qu’est-ce qui me relie encore à cette personne ?
Qu’est-ce que j’attends encore d’elle ?
Qu’est-ce que je continue à porter qui ne m’appartient peut-être plus ?
Qu’est-ce que je voudrais retrouver pour moi ?
L’hypnose peut ensuite permettre d’aller travailler différemment sur certaines émotions, croyances ou automatismes associés à la situation.
Il ne s’agit donc pas nécessairement de choisir entre « les bonhommes allumettes » et « l’hypnose ».
Les deux approches peuvent, selon la situation et la personne, être utilisées de manière complémentaire.
Et si vous essayiez autrement ?
Parfois, nous cherchons à obtenir une réponse de l’autre.
Une explication.
Une excuse.
Une reconnaissance.
Une réparation.
Mais certaines réponses ne viendront jamais.
Et attendre indéfiniment qu’elles arrivent peut nous maintenir attachés à une histoire dont nous aimerions pourtant nous libérer.
Le travail symbolique peut alors permettre de déplacer la question.
Non plus :
« Pourquoi cette personne m’a-t-elle fait ça ? »
mais :
« Qu’est-ce que je choisis de faire aujourd’hui de ce que j’ai vécu ? »
C’est une différence subtile.
Mais elle peut changer beaucoup de choses.
Les bonhommes allumettes en résumé
La technique des bonhommes allumettes est un exercice symbolique qui peut aider à :
- prendre du recul sur une relation ou une situation ;
- identifier certains liens émotionnels ;
- matérialiser une intention de détachement ;
- réfléchir à ce que l’on souhaite conserver ou laisser derrière soi ;
- remettre son attention sur soi plutôt que sur ce que l’autre devrait faire.
Elle ne consiste pas à effacer quelqu’un de sa mémoire.
Elle ne permet pas de contrôler les émotions ou les comportements d’une autre personne.
Et elle ne remplace pas un accompagnement adapté lorsque la souffrance est importante.
Mais elle peut constituer une porte d’entrée simple et concrète vers une réflexion personnelle plus profonde.

Et vous, qu’est-ce qui vous retient encore ?
Il n’est pas toujours nécessaire de couper une relation pour se sentir libre.
Parfois, ce dont nous avons besoin, c’est simplement de cesser de porter ce qui ne nous appartient plus.
Si une relation, une séparation, un conflit ou une situation passée continue à prendre beaucoup de place dans votre quotidien, un accompagnement peut vous aider à comprendre ce qui se joue et à retrouver progressivement davantage de sérénité.
Au cabinet Les Mots Libérateurs, à Hoste, je propose des accompagnements en hypnose et en bien-être émotionnel, adaptés à chaque personne et à sa situation.
Parce qu’il suffit parfois d’un mot pour transformer une vie.
